L’essentiel : antipaludique et anti-moustiques
- Les comprimés antipaludiques n’empêchent pas les moustiques de vous piquer. Ils agissent sur le parasite après une piqûre infectante, et les recommandations britanniques de santé des voyageurs sont claires : aucun traitement n’est efficace à 100 %.
- La prévention des piqûres est la première ligne de défense, que des comprimés vous soient prescrits ou non. Les experts recommandent la méthode ABCD : connaître le risque (Awareness), éviter les piqûres (Bite avoidance), prendre une chimioprophylaxie (comprimés) lorsqu’elle est indiquée et obtenir rapidement un diagnostic (Diagnosis).
- Les moustiques du paludisme (Anopheles) piquent surtout du crépuscule à l’aube : le répulsif le soir, les manches longues et une moustiquaire imprégnée comptent donc le plus après le coucher du soleil.
- Le répulsif couvre aussi ce que les comprimés ne couvrent pas : la dengue, le chikungunya et le Zika sont transmis par les moustiques Aedes, qui piquent le jour, et les antipaludiques ne protègent pas contre eux.
- Toute fièvre pendant le voyage ou jusqu’à un an après le retour exige une consultation médicale urgente, même si vous avez pris tous vos comprimés.
Beaucoup de voyageurs quittent la consultation voyage avec une boîte d’antipaludiques et le sentiment que tout est réglé. L’erreur est compréhensible, mais risquée. Le traitement préventif du paludisme, ou chimioprophylaxie antipaludique, est une couche de protection importante, mais il n’a jamais été conçu pour agir seul. Ce guide explique ce que font réellement les comprimés antipaludiques, pourquoi le répulsif et la prévention des piqûres restent indispensables, et comment associer les deux lors d’un voyage en Afrique, en Asie ou en Amérique latine.
À quoi servent vraiment les comprimés antipaludiques ?
Le paludisme est causé par des parasites Plasmodium transmis par la piqûre d’un moustique Anopheles femelle infecté. Les comprimés antipaludiques (chimioprophylaxie) ne repoussent pas les moustiques et n’empêchent pas la piqûre. Ils agissent sur le parasite dans votre organisme après une piqûre infectante, afin de l’empêcher de provoquer la maladie.
Parmi les options couramment prescrites en Europe figurent l’atovaquone-proguanil, la doxycycline et la méfloquine. Le choix dépend de votre destination, de votre état de santé, des autres médicaments que vous prenez, d’une éventuelle grossesse, de la durée du voyage et de votre budget. Chacun a son propre schéma : certains se commencent un ou deux jours avant le départ, d’autres une à trois semaines avant, et tous se poursuivent pendant une période définie après avoir quitté la zone d’endémie palustre. Seul un médecin, un pharmacien ou un centre de vaccinations internationales doit choisir le comprimé qui vous convient.
Pourquoi le traitement préventif du paludisme ne suffit pas
1. Aucun comprimé n’est efficace à 100 %
Les recommandations britanniques de santé des voyageurs indiquent clairement qu’aucun traitement antipaludique n’est efficace à 100 %, mais que l’association des mesures de prévention offre une protection importante. La résistance aux médicaments dans certaines régions, les prises oubliées, les vomissements ou la diarrhée qui perturbent l’absorption, ainsi qu’un arrêt trop précoce après le retour peuvent encore réduire la protection.
2. Moins de piqûres, moins de risques d’infection
Chaque piqûre d’un moustique infecté est une nouvelle occasion pour le parasite. Les comprimés réduisent le risque qu’une infection se transforme en maladie ; la prévention des piqûres réduit le nombre d’infections dès le départ. C’est pourquoi TravelHealthPro qualifie une prévention efficace des piqûres de première ligne de défense contre le paludisme, que des comprimés soient recommandés ou non.
3. Certaines zones ne nécessitent que la prévention des piqûres
Dans de nombreuses zones à faible risque de paludisme, les recommandations préconisent la prévention des piqûres et la vigilance, sans comprimés. Là-bas, le répulsif, les vêtements et les moustiquaires sont votre protection principale, et non une solution de secours.
4. Les comprimés ne protègent pas des autres maladies transmises par les moustiques
Le paludisme n’est que l’une des infections transmises par les moustiques sous les tropiques. La dengue, le chikungunya et le Zika sont véhiculés par les moustiques Aedes, qui piquent surtout le jour, y compris en ville. Les antipaludiques n’ont aucun effet contre eux. Notre guide des maladies transmises par les moustiques en Asie du Sud-Est montre comment ces risques se cumulent au cours d’un même voyage.
La méthode ABCD de prévention du paludisme
| Étape | Ce que cela signifie | En pratique |
|---|---|---|
| A — Connaître le risque (Awareness) | Connaître le risque de paludisme sur votre itinéraire précis et à la saison de votre voyage | Consultez les recommandations par pays et prenez rendez-vous en consultation voyage 6 à 8 semaines avant le départ |
| B — Éviter les piqûres (Bite avoidance) | Limiter le contact avec les moustiques, surtout du crépuscule à l’aube | Répulsif sur la peau exposée, manches longues et pantalon, chambres protégées par des moustiquaires aux fenêtres, moustiquaires de lit imprégnées |
| C — Chimioprophylaxie | Comprimés antipaludiques lorsqu’ils sont recommandés | Prenez-les exactement comme prescrit, y compris les prises après le retour |
| D — Diagnostic | Réagir vite à toute fièvre | Consultez en urgence et indiquez où vous avez voyagé, même des mois plus tard |
Les quatre étapes fonctionnent ensemble. C’est en négligeant l’une d’elles, le plus souvent B ou D, que commencent la plupart des cas évitables.
Comment associer antipaludique et anti-moustiques en voyage
- Commencez vos comprimés à temps et programmez un rappel quotidien ou hebdomadaire sur votre téléphone. Emportez assez de comprimés pour tout le traitement, plus quelques jours de réserve.
- Appliquez le répulsif avant le crépuscule sur toute la peau exposée, et renouvelez l’application selon les indications de l’étiquette, après la baignade ou une forte transpiration.
- En journée, d’abord la crème solaire, puis le répulsif. Laissez pénétrer la crème solaire quelques minutes avant d’appliquer le répulsif par-dessus.
- Couvrez-vous le soir avec des manches longues et un pantalon amples et de couleur claire, et rentrez le pantalon dans les chaussettes lorsque vous marchez dans l’herbe.
- Dormez protégé : chambre climatisée ou bien équipée de moustiquaires aux fenêtres, ou moustiquaire de lit imprégnée d’insecticide et bordée sous le matelas.
- Continuez après le départ : terminez le traitement et surveillez l’apparition de fièvre, de frissons, de maux de tête ou de douleurs musculaires jusqu’à un an après le retour.
Pour d’autres réflexes pratiques, consultez notre guide pour éviter les piqûres de moustiques en voyage, ainsi que notre liste de ce que vérifie la consultation voyage avant un séjour tropical.
Les erreurs fréquentes des voyageurs
- Arrêter les comprimés dans l’avion du retour. Les prises après le voyage comptent, car des parasites contractés dans les derniers jours du séjour peuvent encore être en train de se développer.
- N’utiliser le répulsif que le soir. C’est suffisant contre Anopheles, mais les moustiques Aedes, qui piquent le jour, transmettent la dengue et le chikungunya.
- En appliquer trop peu. Une couche fine et irrégulière laisse des zones non protégées. Couvrez uniformément toute la peau exposée.
- Croire qu’une fièvre n’est qu’une grippe. Au début, le paludisme peut ressembler à une grippe. Toute fièvre après un voyage en zone d’endémie palustre justifie de consulter le jour même.
- Rendre visite à sa famille sans comprimés. Les personnes qui rendent visite à des amis ou à des proches en Afrique de l’Ouest représentent chaque année le plus grand nombre de cas de paludisme importés au Royaume-Uni, souvent parce qu’elles pensent bien connaître le risque.
Comment incognito® vous aide
La prévention des piqûres ne fonctionne que si vous utilisez un répulsif régulièrement, chaque soir du voyage. Notre Spray anti-insectes est sans DEET et utilise le PMD (Citrepel®), un actif d’origine végétale issu de la citronnelle de Java. Son efficacité est cliniquement prouvée, il est recommandé contre les moustiques et les tiques, vegan et biodégradable. Pour les longs voyages, le Pack Grand Voyageur réunit les essentiels du voyage de la gamme incognito®. Utilisez-le en complément des comprimés antipaludiques prescrits par votre médecin, jamais à leur place, et respectez toujours l’étiquette.
Questions fréquentes
Faut-il quand même un répulsif anti-moustiques si l’on prend un antipaludique ?
Oui. Les comprimés antipaludiques n’empêchent pas les piqûres et aucun traitement n’est efficace à 100 %. Les experts en santé des voyageurs recommandent la prévention des piqûres comme première ligne de défense, les comprimés constituant une protection supplémentaire lorsqu’ils sont conseillés.
Les antipaludiques protègent-ils contre la dengue ou le Zika ?
Non. Les comprimés antipaludiques n’agissent que sur les parasites du paludisme. La dengue, le chikungunya et le Zika sont transmis par les moustiques Aedes, qui piquent le jour : le répulsif et les vêtements couvrants sont donc aussi nécessaires en journée.
À quelle heure piquent les moustiques du paludisme ?
Les moustiques Anopheles, vecteurs du paludisme, piquent surtout entre le crépuscule et l’aube. Appliquez le répulsif avant le coucher du soleil, couvrez-vous le soir et dormez sous une moustiquaire imprégnée ou dans une chambre protégée par des moustiquaires.
Peut-on utiliser crème solaire et répulsif anti-moustiques ensemble ?
Oui. Appliquez d’abord la crème solaire, laissez-la pénétrer quelques minutes, puis appliquez le répulsif par-dessus. Renouvelez chaque produit selon sa propre étiquette.
Que faire en cas de fièvre après un voyage en zone de paludisme ?
Consultez en urgence le jour même et indiquez au médecin où vous avez voyagé. Cela vaut même si vous avez pris tous vos comprimés, et jusqu’à un an après votre retour.
Sources
- NaTHNaC TravelHealthPro — Fiche d’information sur le paludisme
- UKHSA — Recommandations de prévention du paludisme pour les voyageurs au départ du Royaume-Uni
- NHS — Paludisme
- WHO — Aide-mémoire sur le paludisme
- ECDC — Paludisme
- ECDC — Mesures de protection contre les moustiques
- EPA — Substances actives des répulsifs cutanés
Rédigé par l’équipe incognito®. Cet article fournit des informations générales et ne constitue pas un avis médical. Lisez toujours l’étiquette et les informations produit avant d’utiliser un répulsif, et demandez conseil à un médecin, un pharmacien ou un centre de vaccinations internationales au sujet des comprimés antipaludiques, des vaccins et des recommandations sanitaires pour votre itinéraire, ainsi que de l’utilisation des répulsifs chez l’enfant, pendant la grossesse ou sur peau sensible.